Pouvoir d’achat : retraite, RSA, salaire… quelles hausses prévues pour 2023 ?

Début 2023, l’inflation va monter à 7 %. Ce qui fera mal au pouvoir d’achat. Quelles seront les augmentations à prévoir pour pallier cela ?

Pouvoir d’achat : retraite, RSA, salaire… quelles hausses prévues pour 2023 ? – Source : IStock

Mesuré sur un mois, l’indice des prix à la consommation du mois de novembre 2022 atteint 6,2 %. À en croire les projections de l’Insee, publiées jeudi dernier, la hausse des prix va encore atteindre un nouveau sommet début 2023. Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat. Cela étant, faisons un petit tour d’horizon sur les hausses que vous pouvez déjà anticiper en 2023.

Bonnes nouvelles pour le pouvoir d’achat

Au 1er janvier, le SMIC augmente automatiquement, c’est ainsi tous les ans. Ainsi, en janvier 2023, il va augmenter de 1,81 %, à 1 353,07 euros de salaire net mensuel. En France, en dehors de ce cycle annuel, la revalorisation du SMIC est l’une des rares à être mécanique.

Pour soutenir le pouvoir d’achat, une nouvelle revalorisation s’enclenche dès que l’inflation dépasse 2 % par rapport à la dernière (revalorisation). En 2022, il y a eu 2 hausses exceptionnelles pour un total de 6,6 % d’augmentation. C’est intervenu entre décembre 2021 et janvier 2023.

Cela étant, vous pouvez déjà compter sur une nouvelle hausse exceptionnelle au printemps 2023. Dans sa note de conjoncture de fin d’année, l’Insee prévoit une possible nouvelle revalorisation « d’au moins 2 % dans le courant du printemps ».

Si pour le SMIC l’augmentation est automatique, ce n’est pas le cas pour les salaires. Toutefois, près de 3 entreprises françaises sur 5 d’effectuer une hausse généralisée d’environ 3 %. Il s’agit d’une augmentation de base à laquelle s’ajoute la gratification individuelle.

Par ailleurs, tous les cabinets s’étant penchés sur ce sujet estiment que les augmentations 2023 vont concerner un panel plus large de salariés. Pas comme à l’accoutumée. On parle de 4 % de hausse en moyenne, ou légèrement plus.

Cette moyenne concerne bien la masse salariale selon Deloitte. Cela sous-entend que certains profiteront d’augmentations concurrençant ou dépassant l’inflation qui malmène le pouvoir d’achat des Français.

Loi pouvoir d’achat : les revalorisations

Grâce à la loi pouvoir d’achat, on a pu donner un coup de pouce à l’ensemble des prestations sociales à l’été 2022. C’est d’une hausse de +4 % dont il s’agit. Au 1er avril 2023, comme chaque année, le RSA, la prime d’activité et l’ensemble des prestations sociales doivent augmenter automatiquement.

On prendra en compte la revalorisation exceptionnelle qui s’opère en cours d’année. Cela dit, il ne faut pas anticiper de hausse au niveau de l’inflation. En annexe du budget de la sécurité sociale, Bercy mise sur une hausse de 1,7 % en avril.

Cependant, cette estimation reste à confirmer et l’on ne la modifiera qu’à la marge. En effet, ces derniers mois, on a pu vérifier globalement les prévisions de l’Insee.

+0,8 % pour la retraite de base et pour le minimum vieillesse

Pour la retraite de base, le principe est le même que pour les prestations sociales, mais le calendrier diffère. En effet, afin de soutenir le pouvoir d’achat des seniors, la pension de retraite de base augmente chaque année. Cela intervient au mois de janvier. L’État prend cette année logiquement en compte la hausse anticipée de 4 % de l’été dernier.

Toujours est-il que la Cnav devrait augmenter la pension de base de 0,8 % en janvier. Elle se base pour cela sur le calcul mathématique, basé sur l’inflation des 12 derniers mois arrêtée en octobre 2022. Cette hausse sera visible au jour du paiement de la pension de base de janvier 2023. Soit, le 9 février 2023.

Pour l’heure, Bercy et le ministère du Travail n’ont pas encore confirmé ce taux de revalorisation. Pour les retraites complémentaires, le rythme d’augmentation est différent. Cela dit, la pension de l’Agirc-Arrco a progressé de 5,12 % en novembre. Cela sous-entend qu’il faudra attendre l’automne prochain pour voir cette pension augmenter une nouvelle fois.

Quant au minimum vieillesse, il a fait l’objet d’une hausse anticipée l’été dernier. C’est pourquoi l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou « minimum vieillesse » atteint 953,45 euros mensuels maximum. C’est pour une personne seule. Pour un couple, le minimum vieillesse atteint 1 480,24 euros.

Si vous avez des revenus complémentaires, cette allocation varie. Sa revalorisation suit le même rythme que celle de la retraite de base. Il augmentera donc très probablement de 0,8 % en janvier.

Allocation logement et taxe foncière

L’été dernier, on a rehaussé les APL de 3,5 %. C’est le même taux retenu pour le « bouclier loyer » mis en place pour protéger les locataires des hausses trop importantes. Des Associations et politiques de plusieurs partis ont préconisé une nouvelle hausse pour début 2023.

On n’a, cependant, pas retenu la mesure dans le budget. Sauf décision politique, la prochaine revalorisation aura lieu lors de l’échéance annuelle habituelle. C’est-à-dire au 1er octobre 2023. Chaque année, on calcule la base de calcul de votre taxe foncière selon l’IPCH calculé par l’Insee.

L’indice des prix à la consommation harmonisée dont vous allez sûrement entendre parler plus régulièrement avec le retour de l’inflation. Celui-ci ne prend pas en compte le coût des logements pour les propriétaires. L’Insee vient tout juste de dévoiler l’IPCH de novembre qui est de +7,1 %.

Explicitement, si votre ville ou intercommunalité ne change pas son taux d’imposition, votre taxe foncière progressera alors de plus de 7 %. Plusieurs amendements visaient à limiter cette hausse lors de l’examen du budget 2023. Cependant, le gouvernement a fait le choix de laisser la main entièrement aux communes.

Impôt sur le revenu : Livret A, LEP, PEL…

Pour vous dispenser de payer plus, la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu progresse. Prenons l’exemple d’un célibataire avec des revenus qui le classent dans la classe moyenne supérieure. En 2022, avec 27 000 euros de revenus imposables annuels, on impose une partie de ses revenus à 30 %.

En effet, il dépasse le seuil de la « tranche à 30 % » fixé à 26 070 euros cette année. Comme prévu dans le budget 2023, l’an prochain, les seuils du barème feront l’objet d’une revalorisation de 5,4 %. Ce qui fait que ce seuil passera à 27 478 euros.

Cela dit, si notre célibataire déclare le même salaire l’an prochain, il ne dépassera donc pas la barre de 30 %. Il paiera de ce fait légèrement moins d’impôt. Sauf, évidemment, si ces revenus progressent aussi… Êtes-vous peu imposable ou bien pas du tout ?

Dans tous les cas, sachez que vous avez probablement droit au seul et unique placement à capital garanti. Celui-ci étant totalement défiscalisé et dont le rendement suit l’inflation. En février 2023, le Livret d’épargne population va passer à 6,2 %.

Il est fort probable que, suite aux dernières estimations de l’Insee, Bercy confirme mi-janvier cette estimation. Concernant le Livret A, son taux devrait passer à 3,3 % en février. Celui du plan épargne logement remontera quant à lui à 2 % dès le 1er janvier 2023.

Source : MoneyVox

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