Allons-nous vers une grosse pénurie de carburants cet été en France ? Nous avons les infos

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le scénario d’une pénurie de carburants en Europe est envisageable. Nous vous disons pourquoi.

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Alors qu’il y a quelques mois à peine personne n’y pensait, aujourd’hui, les angoisses autour des hydrocarbures sont réelles. Pour cause, il y a de fortes chances que les carburants viennent à manquer d’ici la rentrée prochaine. D’ailleurs, cela commence à se faire sentir en regardant les prix à la pompe.

Face à cela, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie ou AIE s’est exprimé à ce sujet. L’homme d’affaires craint un déséquilibre entre l’offre et la demande pendant l’été. D’après lui, il se pourrait que l’offre ne puisse pas suivre la demande, provoquant ainsi un goulot d’étranglement. Tous les détails.

Il y aurait encore des stocks, mais…

La situation actuelle inquiète beaucoup de monde. Parmi eux, des spécialistes qui n’ont qu’une seule crainte : qu’il n’y ait plus aucune goutte de carburants dans les stations-service. Bien que cela puisse paraître délirant, ce scénario n’est pas tout à fait sorti tout droit d’un film. Jean-Pierre Favennec, qui est spécialiste des matières premières, semble partager la même crainte.

« Chaque opérateur pétrolier doit disposer de trois mois de stockage. Les stockages réellement utilisables sont un petit peu plus faibles. Mais disons qu’on a facilement un mois et demi ou deux mois de stock devant nous », a-t-il fait prendre conscience.

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Vers une réorientation des approvisionnements ?

Bien que pour beaucoup l’avenir ne semble pas annoncer de belles couleurs, tout n’est pas entièrement joué d’avance. Du moins, la carte du monde est en train de changer. En effet, l’embargo européen sur le pétrole russe, si l’on voit à long terme, a une conséquence majeure. En clair, cette sanction va obliger la Russie de trouver d’autres clients.

Cela entraînera inévitablement une réorientation des approvisionnements au niveau mondial plutôt qu’une pénurie généralisée. Sur cette question, Jean-Pierre Favennec se montre assez lucide. Voici comment il voit la suite des événements :

« Vraisemblablement, les Russes vont vendre davantage de pétrole en Chine et en Inde. Les Indiens et les Chinois auront besoin d’un peu moins de pétrole au Moyen-Orient ou en Afrique par exemple. Et c’est donc du pétrole qui va devenir disponible pour les Européens »

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La crise pourrait traîner en longueur

Quant aux prix, eh bien, c’est une autre paire de manches. D’après le spécialiste, il est fort probable que les tensions perdurent. Pour sa part, le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, compare la crise actuelle avec les chocs pétroliers des années 70.

Selon lui, celle que nous traversons aujourd’hui est « beaucoup plus importante ». De plus, il estime également qu’elle durera plus longtemps. Est-ce une analyse pessimiste des faits ? Quoi qu’il en soit, la baisse du pouvoir d’achat des Français ne l’est pas.

Inflation : le pouvoir d’achat au plus mal

Le gouvernement actuel a fait du pouvoir d’achat des Français sa priorité, d’où le chèque énergie et le chèque inflation, pour ne citer qu’eux. Le fait est qu’il y a du pain sur la planche ! Tout simplement parce que la France n’a jamais été au plus mal depuis septembre 1985… Et bien sûr, la crise actuelle n’est pas uniquement due à la guerre en Ukraine, mais bien d’un ensemble d’éléments.

En tout cas, une chose est sûre, l’inflation mène la vie dure aux Français. Pour les prix à la pompe par exemple, les carburants ont connu un pic historique en mars, mais son prix actuel est encore très élevé. D’après un rapport de l’Insee, les prix à la pompe ont progressé de 28 % en un an seulement. Rappelons qu’en avril, sa progression était à 26,5 %. Pour dire que la hausse des prix est visible.

« Après leur repli le mois précédent, les prix de l’énergie se redresseraient en lien avec le rebond des prix des produits pétroliers », détaille l’Insee.

Dans le même rapport, l’Institut national de la statistique et des études économiques révèle qu’en mai 2022 l’indice des prix à la consommation a atteint 5,1 % en un an. La dernière fois que cela est arrivé, c’était en septembre 1985.

Le fait est que cette inflation folle s’accompagne d’une baisse de consommation de la population. Le PIB prend donc un sérieux coup. Les chiffres ne mentent pas, le PIB s’est contracté de 0,2 % rien qu’au cours du premier trimestre.

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