'ÇaVaSaigner' : le compte Insta qui invite les femmes à laisser couler leurs règles pour lutter contre la précarité menstruelle

Par Foozine, le 13 Juin 2019, dans actu
Rejoins Foozine sur FB  

Pour lutter contre la précarité menstruelle, le compte Instagram 'Ça va saigner' invite toute personne menstruée à afficher le sang qui s'écoule chaque mois de son corps sur les réseaux sociaux. Sur des photos, les flux doivent être laissés libres pour normaliser le sang des règles et demander la gratuité des protections hygiéniques.

En plus de nombreuses photos et dessins de sang, de nombreux défilés sont prévus dans plusieurs villes de France ce 15 juin.

Une initiative soutenue par l'étudiante féministe Irene, qui se promenait volontairement dans Paris sans protection hygiénique en Février dernier, assumant son legging tâché de rouge.

Sur une vie, on estime qu'une femme dépense entre 1500 et 2000 euros pour les protections hygiéniques. Alors si vous êtes pour le remboursement des protections hygiéniques, vous savez ce qu'il vous reste à faire pour vour faire entendre ce 15 juin !

En ce 15 juin, le but est de prendre en photo nos taches. 'Que tu sois une personne menstruée ou non, tache tes fringues, tache ton sol, tache ta storie, tache ton chat, tache les murs de ta rue avec ton sang #cavasaigner. On veut du rouge pour lutter contre la précarité menstruelle' peut-on lire sur Instagram.

Voir cette publication sur Instagram

#çavasaigner

Une publication partagée par #çavasaigner (@ca_va_saigner) le

De nombreuses discriminations

Il faut savoir qu’en France toutes les femmes n’ont pas les moyens ou la possibilité d’avoir accès à des protections hygiéniques. Elles seraient environ 8 % d’après le gouvernement. C’est-à-dire presque une femme sur dix, soit entre 1,5 et 2 millions d’après certaines associations ! Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a décidé de trouver des solutions à ce problème. Elle envisage notamment d’expérimenter la gratuité et la mise à disposition de protections hygiéniques dans les lieux publics.

Un sujet tabou

Cette problématique concerne principalement les femmes qui vivent dans la rue, ainsi que celles qui sont incarcérées. Ces dernières seraient d’ailleurs obligées de fabriquer leurs protections hygiéniques avec ce qu’elles ont sous la main comme des bouteilles en plastique. Concernant le prix très élevé des protections hygiéniques, des associations féministes s’étaient battues pour le faire baisser. La TVA avait ainsi été réduite à 5,5 %. Bien que le gouvernement se soit félicité de cette avancée, les associations ont dénoncé un prix inchangé. Les règles sont encore un sujet tabou et de nombreuses femmes luttent contre cela, notamment grâce aux réseaux sociaux.