Pénurie de carburant, coupures d’électricité : les prédictions dramatiques d’un cadre de l’Agence internationale

Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, fait part de ses craintes d’une triple crise énergétique qui toucherait l’Europe.

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C’est dans un article publié ce mardi 31 mai par le journal allemand Der Spiegel que Fatih Birol partage ses craintes par rapport à la crise actuelle. Selon lui, elle pourrait être plus importante que le célèbre choc pétrolier de 1970. Cela pourrait conduire à une poursuite de la hausse des prix, mais aussi à une pénurie importante.

Une triple crise énergétique

Fatih Birol est convaincu que la situation pourrait devenir encore plus grave que lors de la crise pétrolière de 1970, dont les conséquences se sont pourtant fait sentir jusqu’au début des années 1980. En effet, la crise actuelle est « triple », contrairement à celle de 1970, qui ne concernait que le pétrole.

La totalité du secteur énergétique est aujourd’hui touchée : pétrole, gaz et électricité. Et ce n’est pas tout. Le directeur exécutif de l’AIE était formel, la période estivale va entraîner davantage de difficultés en matière d’approvisionnements en carburants.

« Quand la saison des grandes vacances arrivera en Europe et aux États-Unis, la demande en pétrole va augmenter. Alors nous pourrions voir des pénuries, par exemple de diesel, d’essence ou de kérosène, particulièrement en Europe », a-t-il dit.

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Une pénurie de carburants à craindre

Le pronostic du directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie a été tempéré par Jean-Pierre Favennec, spécialiste de matières premières. Interrogé par BFMTV, celui-ci a avoué :

« Chaque opérateur pétrolier doit disposer de trois mois de stockage. Les stockages réellement utilisables sont un petit peu plus faibles. Mais disons qu’on a facilement un mois et demi ou deux mois de stock devant nous. »

Toujours selon lui, ce n’est pas l’embargo européen sur le pétrole commercialisé par Moscou qui mettrait l’Europe en difficulté. Ce qui risque d’arriver, c’est une réorientation des approvisionnements mondiaux. C’est notamment le cas des flux en Inde et en Chine.

« Vraisemblablement, les Russes vont vendre davantage de pétrole en Chine et en Inde. Les Indiens et les Chinois auront besoin d’un peu moins de pétrole au Moyen Orient ou en Afrique par exemple. Et c’est donc du pétrole qui va devenir disponible pour les Européens », souligne Jean-Pierre Favennec.

Des pannes d’électricité en Europe

Si la question du risque de pénurie de carburant en Europe est un sujet de débat, Fatih Birol estime que la crise actuelle pourrait toucher « simultanément le pétrole, le gaz et l’électricité ».

Cette analyse fait écho à un article publié par Vice fin mai. Elle met en avant « un rapport » indiquant « que la majorité du réseau électrique américain pourrait tomber en panne cet été ».

Les prix des produits alimentaires en hausse

Il n’y a pas que les prix des hydrocarbures qui sont en hausse. En réalité, c’est le coût de la vie en général qui est en train de connaître une flambée historique. Pour cause, la Russie et l’Ukraine sont de grands exportateurs. L’Ukraine est notamment célèbre pour ses tournesols et ses blés.

Toujours est-il que depuis la guerre, toute exportation est mise sur arrêt. Si à court terme le dégât n’est pas perceptible, à long terme, le risque de pénurie alimentaire n’est pas à exclure. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement : les denrées se font rares, d’où la hausse des prix.

Le plus catastrophique, c’est que l’inflation semble concerner tous les produits sur le marché : viandes, pâtes, huiles, etc. Qu’il s’agisse de produits bio ou transformés, absolument tous les produits sont victimes de l’inflation. S’intéressant à la question, l’Institut Information Resources Inc a publié une liste des aliments les plus touchés.

Voici le top 10 :

  • 10. les semoules et les céréales : +7,47 %.
  • 9. Les plats cuisinés à base de pâtes : +7,67 %.
  • 8. Les viandes hachées : +7,91 %.
  • 7. Les fruits secs : +8,16 %.
  • 6. Les cafés torréfiés : +8,16 %.
  • 5. Les moutardes : +9,26 %
  • 4. Les huiles : +9,98 %
  • 3. Les farines : +10,93 %.
  • 2. Les viandes surgelées : +11,34 %.
  • 1. Les pâtes : +15,31 %

Face à l’explosion des prix des PPN, le pouvoir d’achat des Français, surtout foyers les plus modestes, est au plus mal. Et ce, malgré les dispositifs mis en place par le gouvernement comme le bouclier tarifaire ou encore les chèques inflation, etc. Les chiffres de l’Insee illustrent cette décadence. Entre mai 2021 et mai 2022, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 5,2 %. Du jamais vu depuis septembre 1985 !

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