Une vidéo de poulets brûlés vifs fait polémique dans un musée de Lyon

Par Julie.D, le 16 Mars 2018, dans actu
Rejoins Foozine sur FB  

Des poulets vivants en train de « brûler », alors qu’ils sont accrochés par les pattes et suspendus la tête en bas contre un mur. Voilà ce que l’on peut voir sur cette vidéo diffusée au musée d’art contemporain de Lyon (MAC) depuis le 8 mars dernier.

Cette vidéo a été présentée dans le cadre de l’exposition « Printemps », d’Adel Abdessemed. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cet artiste franco-algérien fait face à la critique. Son œuvre « Don’t trust me » avait été très mal reçue aux Etat-Unis, et son exposition avait même été annulée quelques jours seulement après son inauguration. On pouvait y voir des animaux abattus à coups de masses dans une ferme mexicaine. Adel Abdessemed est également connu pour sa sculpture en bronze "Coup de tête", illustrant Zidane face à Materazzi lors de la Coupe du Monde de 2006.

Adel Abdessemed sous le feu des critiques

Depuis la présentation de cette vidéo de l’exposition « Printemps » au MAC, de nombreuses associations de lutte contre la maltraitance animale, ainsi que des célébrités, ont pris parole contre l’artiste. On peut par exemple citer la Fondation Brigitte Bardot qui s’est empressée d’interpeler le musée d’art contemporaine de Lyon via son compte Twitter, mais également PETA jugeant que cette vidéo ne constitue en rien une œuvre d’art, mais un acte de cruauté envers les animaux. Aymeric Caron, grand défenseur de la cause animale, s’est lui aussi exprimé en demandant au MAC s’il s’agissait d’un trucage.

Un trucage sans danger pour les poules

Face à ces différentes réactions, le musée d’art contemporain et l’artiste se sont empressés de répondre. Le MAC l’a fait par voie de communiqué de presse, précisant qu’il s’agissait en réalité d’un trucage : "Cette œuvre vidéo a été réalisée au Maroc avec une équipe de techniciens créateurs d'effets spéciaux pour le cinéma, qui utilisent couramment ce produit pour créer des effets de flammes et d'incendie qui sont sans danger. Adel Abdessemed l’a d’ailleurs auparavant utilisé sur lui-même pour son œuvre Je suis innocent qui le montre en flammes, comme les poulets de Printemps qui n'ont été soumis à cet effet de flammes que pendant 3 secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l'artiste pour éviter toute souffrance."

L’artiste se présente d’ailleurs comme un défenseur des animaux, qui souhaite dénoncer les actes de tortures qui leur sont infligées. Ces réponses ne semblent pourtant pas satisfaire PETA et Aymeric Caron qui dénoncent un traumatisme pour ces poulets suspendus par les pattes et effrayés. Ils suggèrent d’ailleurs de déposer plainte. Malgré ces menaces, le MAC n’envisage pas de retirer l’œuvre qui devrait rester visible jusqu’au 8 juillet prochain.

Un article signé Julie.D

Issue d’une formation en journalisme et en communication, je me passionne avant tout pour les mots. Mes domaines de prédilection ? Le design, la gastronomie, la musique, et le bien-être au naturel.