Violée à 11 ans, elle subit une césarienne et relance le débat sur l'avortement dans le pays

Par Emilie, le 28 Février 2019, dans actu
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Violée par le mari de sa grand-mère, une fillette de 11 ans a été contrainte de subir une césarienne à 23 semaines de grossesse, faute de pouvoir avoir recours à une IVG en Argentine. Le scandale a relancé le débat sur l'avortement dans un pays où l'accès à ce droit est très restreint.

Si la législation du pays prévoit l'accès à une interruption de grossesse dans des circonstances extraordinaires comme une grossesse des suites d'un viol ou la mise en danger de la vie de la mère, dans les faits, il est fréquent que les médecins invoquent l'objection de conscience afin que les femmes mènent leur grossesse à terme. C'est ce qui est arrivé à cette fillette enceinte du mari de sa grand-mère qui abusait d'elle.

'Je veux que vous m'enleviez ce que le vieux m'a mis dans le ventre' avait réclamé la petite fille dans son dépôt de plainte auprès de la justice de la province de Tucuman. Mais malgré ses supplications, les médecins ont fait en sorte de faire tarder la procédure sept semaines, jusqu'à juger à la 23 ème semaine que la vie de l'enfant était mise en danger par cette grossesse et qu'il fallait non pas pratiquement un avortement mais une césarienne.

Argentine césarienne 11 ans

'Par voie basse, ce n'était pas possible. Son corps n'est pas suffisamment développé pour supporter une grossesse de 23 semaines, et s'il l'avait été, les conditions psychologiques n'étaient pas réunies, du fait des nombreux abus qu'elle a subis' explique la gynécologue Cecilia Ousset, qui a participé à l'intervention à l'hôpital Eva Peron de Tucuman. Le foetus de cinq mois a donc été extrait vivant du ventre de sa mère, mais ses chances de survie sont quasi-nulles, ont estimé les médecins.

'L'Etat est responsable de la torture de Lucia' dénonce l'organisation féministe #NiUnaMenos, qui se bat notamment pour que les femmes puissent avoir accès à l'avortement dans ce pays des plus catholiques. Le gouvernement de la province de Tucuman qui n'a pas autorisé l'avortement, s'est justifié en disant avoir mis en oeuvre 'les procédures nécessaires pour sauver les deux vies'

Un article signé Emilie


Écrit quelques articles sur Terre pour foozine avant de partir en écrire sur Mars pour Elon Musk..